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"Et dans le silence, je me suis entendue"

  • Photo du rédacteur: catherine flant
    catherine flant
  • 19 juil.
  • 8 min de lecture

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Il y a environ trois ans, après une séparation qui m’a laissée à terre, vidée, sans repères, j’ai ressenti un besoin urgent de me retirer, de me retrouver. Tout en moi semblait éteint. Je ne savais plus qui j’étais, ce que je voulais, ce que je valais. Psychologiquement, j’étais en ruine. Alors, sans chercher à comprendre, j’ai coupé avec le monde. Je n’ai pas fait semblant : je me suis vraiment retirée.

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À l’époque, je vivais sur un terrain de 2300m², un coin de nature sauvage, presque secret. Les arbres y dansaient avec le vent, l’air était dense de murmures, et je sentais que ce lieu pouvait m’accueillir dans mon silence. Et moi, j’ai crié sans bruit pendant des mois.

Dietrich Bonhoeffer disait « Le silence est le plus grand des cris. »

Je me souviens du jour où tout a vibré. Ce n’était pas une pensée, ni une logique, encore moins un plan : c’était un appel. Un élan brut, viscéral, presque sauvage. Quelque chose s’est allumé en moi d’un coup sans explication. J’étais là, debout devant la porte du magasin où je travaillais. Responsable, oui, en apparence. Mais à l’intérieur, je n’étais plus en place.

Je revois la scène comme une photographie intérieure. Ma main qui introduit la clé dans la serrure, le bruit du métal contre le fer, le volet qui grince… et puis ce souffle, immense, qui a déchiré le silence en moi. Je l’ai su, là, précisément : je devais tout quitter. Pas demain. Maintenant.

"Il ne s’est rien passé autour de moi, mais tout s’est déplacé en dedans. En une seule seconde, je n’étais plus celle qui ouvrait une porte : je devenais celle qui en franchissait une." Catherine
"Il ne s’est rien passé autour de moi, mais tout s’est déplacé en dedans. En une seule seconde, je n’étais plus celle qui ouvrait une porte : je devenais celle qui en franchissait une." Catherine

Il fallait tout balayer. Tout recommencer. Tout à zéro. Comme si un bouton s’était enclenché, celui d’une remise à nu. Le corps savait, l’âme criait. Même s’ils ne voulaient pas que je parte, même si rien n’était prêt autour, moi… j’étais déjà en mouvement.

Cette vibration ne m’a jamais quittée. En parler aujourd’hui me donne encore des frissons, tant ce moment a été fondateur. C’est elle qui m’a poussée à m’isoler. À suivre le souffle. À installer cette tente vert émeraude au cœur de mon silence. Là où j’ai enfin commencé à m’entendre.

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J’ai installé une tente vert émeraude, profonde et apaisante. Je marchais pieds nus chaque jour, je le fais toujours d’ailleurs. Le contact de la terre, de l’humidité, des brins d’herbe entre mes orteils me donne cette sensation primitive que j’existe, que je suis reliée. Dans cette tente, j’ai dormi, écrit, respiré. C’était un cocon. Un refuge au milieu des feuilles et des racines.

Le soleil, en fin d’après-midi, caressait ma peau avec une tendresse presque humaine. Je pouvais sentir la chaleur s’étirer lentement sur mes bras, et mes cheveux capturer la lumière comme s’ils faisaient le lien entre le ciel et moi. Je m’asseyais en tailleur, dans ce calme vibrant, bercée par les bruissements du cerisier, un arbre majestueux au centre du terrain, que je contemplais comme un sage silencieux. Il me parlait sans mot, et moi, je l’écoutais en m’immobilisant.


J’avais perdu l’essentiel. Pas seulement des repères ou un métier, j’avais perdu mon âme. Ce feu intérieur qui me rendait vivante, intuitive, vibrante. Je ne me reconnaissais plus dans ce corps qui marchait, dans ce rôle qui parlait, dans ce quotidien qui tournait sans moi. Il manquait quelque chose de vital. Et c’est cette absence qui m’a appelée, qui m’a poussée à tout lâcher. À me dépouiller des apparences, à revenir vers la terre, vers le silence, vers les racines.

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La nature tout entière devenait mon miroir. Je photographie encore aujourd’hui les insectes, les détails infimes, les textures invisibles. J’aime la macrophotographie parce qu’elle m’oblige à ralentir, à voir autrement. Je suis une éponge sensitive, je ressens tout. Les frémissements d’une antenne, le reflet d’une goutte, le regard de mes cinq chats : Miel, Maya, Lilou, Pilou et Lovely. Ils étaient là, mes compagnons, dans la tente ou à mes côtés dans l’herbe. Ils ne miaulaient pas ils vibraient avec moi. Leur présence a rempli mon vide, sans bruit, sans exigence. Juste leur être.

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Et puis un jour, quelque chose s’est réveillé en moi. Ce n’était pas une pensée, ni un souvenir précis, c’était une sensation, une réminiscence d’enfance : des formes, des symboles, des images qui avaient autrefois fasciné la petite fille que j’étais. Sans bruit, j’ai commencé à chercher. À fouiller, comme on suit une vibration intérieure. Et là, j’ai découvert les oracles. Leurs dessins, leurs couleurs, leurs mots… tout résonnait puissamment en moi.

Car c’est comme ça que je fonctionne : il suffit d’un mot, d’une image, d’une odeur pour que tout s’enclenche en moi. Quand ça vibre juste, tout s’aligne. En une fraction de seconde, je comprends, je capte, je ressens. Et après, c’est fulgurant. Je plonge, je analyse, je déconstruis, je reconstruis à ma manière. Ça va vite, très vite : une vraie tornade 🌪️. Mais une tornade qui construit, qui cherche à comprendre, qui relie. C’est mon rythme. Mon intuition. Mon chaos harmonieux.

Guidée par ce souffle intérieur, j’ai choisi mes premières cartes avec soin. Elles ont rejoint mon cocon sous la tente, bercées par l’odeur des feuilles et le souffle léger de l’air. Ce n’était pas un jeu, ni un outil pour lire l’avenir. C’était un miroir, une porte vers l’intérieur. Je les ai explorées pour mieux m’entendre, pour mieux me retrouver. Car au fond, je suis la seule maîtresse de mon chemin ou pas.

« La vie n’est ni attente, ni souvenir : elle est maintenant », écrit Marc Aurèle.

Et moi, je la vivais là, dans chaque tirage, chaque question, chaque mot.

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Chaque tirage me menait à l’écriture. Les mots coulaient dans mon carnet, comme s’ils m’avaient attendu toute ma vie. Et là, j’ai découvert quelque chose que je ne savais pas encore : j’aime écrire. Écrire pour me dire, pour inventer, pour comprendre. Mon esprit se mettait à dessiner, à relier, à chercher les formes. C’est devenu une passion absolue.

Le tarot a suivi, mais il m’a moins parlé. Trop de structure, pas assez de poésie. Alors je suis restée fidèle aux cartes oracles, pour leur liberté, leur beauté. J’ai exploré les pierres aussi. Non pas pour leurs soi-disant énergies, je n’y crois pas. Je me suis documentée, j’ai analysé, et pour moi, ce sont des objets décoratifs, jolis, fascinants par leur esthétique.

J’ai plongé dans le développement personnel, mais je suis vite allée plus loin. La psychologie m’a passionnée. Les neurosciences m’ont ouvert des perspectives plus larges, plus techniques, plus humaines. Et naturellement, tout cela m’a conduite vers les religions.


 François d’Assise disait : « Commence par faire ce qui est nécessaire, ensuite ce qui est possible, et soudain tu feras l’impossible. »

 Et c’est exactement ce que j’ai vécu.

J’ai suivi mon fil, mon instinct. Sans rien imposer, sans suivre de modèle. J’ai inventé mes propres rituels, à ma façon. Je suis autodidacte, multipotentielle. J’avance seule. Je crée mon chemin. Je m’écoute, je me fais confiance.

L’astrologie a croisé mon chemin pendant un temps, en particulier dans sa tradition chinoise, qui m’a intriguée. Ensuite j’ai exploré le bouddhisme, le Tao, le yoga, le Qi Gong… Autant de pratiques que j’ai prises non comme des disciplines rigides, mais comme des outils vivants, des gestes qui m’ont permis de respirer autrement. Ce sont eux qui m’ont offert un espace pour canaliser mes émotions. Car chez moi, il ne s’agit pas de simples vagues : ce sont des pics, des pulsations, des explosions. Des tsunamis émotionnels 🌊 qui déferlent sans prévenir, sans ménagement. Et dans ces tornades, dans ces bouleversements intérieurs, j’ai trouvé dans le mouvement, dans le souffle, dans la lenteur… une façon de poser les choses. De ne pas me perdre en moi.

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Et puis, il y a plus d’un an, il y a eu une rencontre inattendue ou plutôt, une succession de rencontres, simples, vraies, qui ont marqué un tournant dans mon chemin. J’ai commencé à échanger avec des personnes profondément croyantes, engagées dans la foi catholique. Au début, c’était des conversations légères, des regards croisés, des mots timides. Mais petit à petit, la confiance s’est installée. Elle s’est construite avec le temps, en douceur. Et ces échanges sont devenus des rendez-vous. Rien d’officiel : juste des instants partagés autour d’un café ou d’un repas.


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Je prends toujours un café allongé, c’est devenu mon rituel. Ils le savent maintenant, et ça les amuse à chaque fois. Étant originaire du Pas-de-Calais, ils me taquinent gentiment en me disant qu’une bonne chicorée bien corsée serait plus dans les traditions du Nord. Mais moi, le café trop fort, c’est non. Mon corps le refuse, mes sens s’y opposent. Je le préfère doux, discret... presque timide comme une petite caresse au creux de la tasse.

Autour de ce café partagé, il y a eu des conversations profondes, de vrais instants d’écoute. On a parlé de foi, de sens, de ce qui nous anime. Ce qui m’a touchée, c’est qu’au-delà de nos croyances différentes, il y avait une vraie ouverture. De la place pour l’échange, pour la sincérité, pour le respect.

La créativité me libère du trop-plein pensées, émotions, élans débordants. C’est en suivant mon intuition et mon instinct, mes plus précieux alliés, que je respire enfin dans cet univers vaste et vibrant. Là où je crée, je me reconnecte. Là où je me laisse porter, je me retrouve. Catherine
La créativité me libère du trop-plein pensées, émotions, élans débordants. C’est en suivant mon intuition et mon instinct, mes plus précieux alliés, que je respire enfin dans cet univers vaste et vibrant. Là où je crée, je me reconnecte. Là où je me laisse porter, je me retrouve. Catherine

Vraiment. Pas de jugement. Juste de l’ouverture. Grâce à ces personnes, j’ai mieux compris ce que c’est que de vivre dans un environnement sain, où les gens veulent communiquer, échanger, comprendre.

Ils m’ont permis de découvrir une autre façon d’être en lien. Ils m’ont montrée que la foi peut coexister avec la liberté. Et moi, je suis restée moi-même entière, curieuse, mais fidèle à mon libre arbitre. C’est important pour moi. Je questionne, j’explore, mais je ne me fonds jamais. Je garde mon indépendance, ma pensée, ma manière d’être. Ces échanges, ils ont été comme une respiration, une parenthèse calme et vivante dans mon chemin intérieur.


Aujourd’hui, je me sens plus ancrée. La spiritualité ne m’enferme pas, elle m’ouvre, elle m’aide à me retrouver. Je ne l’utilise pas comme un guide rigide, mais comme un miroir vivant, un reflet mouvant de ce qui résonne en moi. Ce que j’ai traversé m’a rendue plus vivante, plus sensible, plus lucide aussi.

Et je continue à me poser des questions. Pas des questions théoriques, mais des vraies, celles qui dérangent, celles qui élèvent. Est-ce qu’on peut être profondément spirituelle sans appartenir à un dogme ? Est-ce qu’on peut explorer en restant soi, sans trahir sa vérité ? Et si le vrai danger, ce n’était pas la quête, mais justement l’abandon de cette quête ?

Je n’ai pas de certitudes, et c’est peut-être ce qui me garde en mouvement. Mais je sais une chose : quand les questions viennent du cœur, quand elles sont sincères, elles peuvent réellement guérir, éclairer, nourrir. Elles ouvrent des chemins qu’aucune réponse ne saurait tracer.

Et pour ça… je suis profondément reconnaissante à la vie.

La nature est mon berceau, la solitude mon refuge, le silence mon souffle. Ce sont des espaces où je me retrouve, là où ce que je suis profondément revient à la surface, sans mot, sans raison mais avec une intensité que seule mon âme peut traduire. Catherine
La nature est mon berceau, la solitude mon refuge, le silence mon souffle. Ce sont des espaces où je me retrouve, là où ce que je suis profondément revient à la surface, sans mot, sans raison mais avec une intensité que seule mon âme peut traduire. Catherine

Et à toi qui viens de me lire jusqu’ici… merci d’avoir écouté mon souffle intérieur. Ce texte est le fruit d’un cheminement réel, vécu, ressenti à travers chaque brindille, chaque carte, chaque rencontre. Je l’ai écrit pour déposer un peu de moi, mais aussi pour que peut-être, tu y retrouves une parcelle de toi.

J’ai voulu raconter cette histoire sans tricher, sans enjoliver avec mes mots, mes images, mes secousses. Et pour que tu puisses me comprendre sans te perdre dans mes tournures parfois acrobatiques, j’ai eu l’idée d’appeler à l’aide une petite aide discrète… une intelligence artificielle nommée Copilot 💻✨. Elle m’a aidée à corriger les fautes d’orthographe, à réorganiser mes phrases (parce qu’entre nous… moi et la syntaxe, c’est parfois la bataille finale du Seigneur des Mots 😅).

J’avoue, les structures de phrases dans ma tête, ça fait souvent la danse des sept intuitions. Il y en a partout, ça fuse dans tous les sens ! Je ressens fort, je pense vite, je m’emballe et j’écris comme je respire mais parfois, ça sort tout déstructuré, comme une tempête créative sans GPS. Alors oui, je me débrouille… mais ce n’est pas toujours évident !

Bref, j’ai laissé mes mots exister et j’ai laissé Copilot leur tendre un peigne et un miroir. Et le résultat, c’est cette histoire qui t’arrive maintenant.

Si tu veux échanger, partager ton propre bout de chemin, ou juste me dire ce que toi aussi tu ressens dans le vent et dans la lumière… je serai ravie. Chaque voix mérite d’être entendue. Et chaque silence contient un monde entier. 🕸️🚪🔑


🌿 Avec douceur et sincérité, Catherine LiberAtyPens 🌪️


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